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LEVE TOI ET MARCHE (Marc 2, Mt 9:2-8 ;  Lu 5:17-26)

La paralysie corporelle est d’abord la paralysie d’une âme qui se fige au souvenir de fautes passées ou à la seule perspective d’en commettre de nouvelles. Nos craintes de l’avenir ou devant une situation nouvelle, nos déceptions sur nos propres limites, nos blessures dans des situations conflictuelles, nos échecs antérieurs nous inhibent, nous bloquent comme par exemple la peur de parler devant les autres par crainte de leur jugement, l’indécision dans une situation nouvelle, l’indétermination dans l’adversité, l’impatience dans la réalisation de nos projets ou l’étouffement par les regrets ou la nostalgie du passé.

Une paralysie peut aussi être une passivité résignée ou une immobilité due à l’incapacité de se fier à soi-même. À la seule idée d’agir, on se sent coupable et on se déresponsabilise, et on attend que les autres le fassent. On leur délègue toute activité et toute initiative. On se laisse ballotter sans montrer aucune consistance personnelle au rythme des informations que l’on reçoit, des circonstances que l’on traverse, des sentiments qui nous habitent. On critique et on juge ce qui bouge ou ce qui ne bouge pas, ce qui est différent ou ce qui ne l’est pas, on accuse tout et tous, car l’accusation est devenue la seule forme d’activité par laquelle on croit exister.

Dans Marc 2, le miracle commence lorsque des gens de l’entourage ont COMPASSION du malade, c’est tout un groupe qui le conduit à Jésus car ils ne peuvent rien pour lui. Qui a compassion de tous les perdus et de tous les paralysés spirituelles dans notre nation, dans nos villes et nos quartiers, de tous ceux qui tentent de tenir à force d’antidépresseurs, ou qui passent leur temps à critiquer, douter, râler et condamner ?

Le deuxième miracle est que pour la première fois, ils croient à la possibilité de la guérison grâce à cet homme de Nazareth venu chez eux, dans leur village. Ils espèrent que Jésus entre dans leurs vues : ils ont la FOI qui permet de déplacer et de transporter. Leur acte, ce service qu’ils rendent au paralytique est une prière. Chaque fois qu’on intercède, on demande un miracle. La prière doit être une attente de l’intervention divine, la transformation d’une situation de deuil, de mort, de paralysie ou de blocage en disposition favorable, en vie nouvelle, en guérison, en rédemption.

Effectivement ces hommes ne se laissent pas arrêter : ils ont la PERSEVERANCE. Ils connaissent les obstacles extérieurs, mais ils sont décidés à franchir tous les barrages pour parvenir à Jésus et à écarter les obstacles qui empêchent l’homme d’avoir lui-même accès au salut.

Bien souvent, ce sont ceux qui sont rassemblés autour de Jésus pour écouter sa parole qui barrent la route à celui qui vient de l’extérieur. Ils ne sont pas nécessairement de mauvaise volonté, simplement ils accaparent la place pour eux-mêmes, leurs propres besoins les aveuglent sur des situations plus douloureuses qui sont à coté d’eux.

L’arrivée de ce paralytique pose problème à la foule à cause de la pensée profonde des Juifs qui établit un lien profond entre maladie, handicap, et péché. Un homme malade l’est forcément parce qu’il a péché, et de ce fait il devient impur, et donc exclu de la société ; et quiconque touche un homme impur devient impur lui-même. Certaines églises semblent aussi seulement ouvertes aux parfaits et certains considèrent les malades comme manquant de foi ou sujets de la punition divine à cause d’un péché « caché ».

Arriver simplement à contourner ceux qui gênent sera la clé de tout. Cela suppose pour notre groupe de Marc 2 une bonne dose d’imagination, d’opiniâtreté, de force, et même de culot, de capacité de s’imposer. Convaincus que tout dépend de leur réussite, les amis du paralytique mettent donc tout en jeu. Ils font violence à leurs manières de faire habituelles, ils acceptent de changer de méthode, ils dépassent le « qu’en dira-t-on », ils font preuve de VAILLANCE et de courage.

Voilà les quatre traits de caractère qui amènent à la percée spirituelle : compassion, foi, persévérance, vaillance. Percée dans le toit pour amener le paralysé devant le Seigneur, percée dans le ciel pour que cette France paralysée se relève et devienne libre, percée pour cette église pardonnée afin qu’elle marche et progresse dans la droiture et la sainteté.

Il est besoin d’hommes vaillants, déterminés et unis dans une même œuvre de compassion, car l’évangélisation, la délivrance et la guérison d’une nation ont besoin de cela.

 « Mon enfant, tes péchés te sont remis. »

Parole pleine d’autorité et d’amour pour permettre au malade de tout recommencer en lui rendant totalement confiance. Le Seigneur dit « mon enfant » pour manifester ce lien privilégié, entre le créateur et sa création, une façon d’inviter le paralytique à s’abandonner totalement. C’est une parole qui chasse l’angoisse et le péché, cause de toutes nos douleurs et de nos maladies. Le moyen de changer les effets est d’ôter la cause.

La certitude d’être aimé permet au malade de s’affronter lui-même, d’accepter ses limites, en dépit de ses sentiments d’impuissance et de désespoir : « Tes péchés te sont pardonnés ». Parole qui libère des contraintes et des blocages de la vie antérieure. Elle confère une certitude absolue et illumine tout car le péché est la maladie de l’âme ; quand il est pardonné, il est guéri. Le pardon des péchés pénètre jusqu’à la racine de toutes les maladies. L’homme pardonné peut alors se lever et marcher, car le pardon divin est toujours accompagné de la capacité de rompre avec le péché, c’est-à-dire de « marcher en nouveauté de vie » (Rm 6:4). La France pardonnée peut maintenant s’éveiller à un nouvel état d’esprit, une nouvelle espérance, un nouveau temps.

Cependant, cette « absolution » provoque la fureur des scribes et des religieux. Aussi bonne et miséricordieuse que soit l’œuvre, il y aura toujours quelqu’un pour la critiquer et s’y opposer.

« Lève toi, prends ton lit et marche »

La paralysie est une image forte de la mort, et Jésus dira : « Lève-toi ! » qui veut dire « Lève-toi parmi les morts ! Ressuscite ! »(Egeiro : réveiller, faire lever,se réveiller du sommeil de la mort, revenir à la vie Mc 5,41 ; Lc 7,14 ; Lc 8,54, Ac 12,7 ; Ep 5,14 ; Ap 11,1)

Debout et sois l’homme, la femme, que Dieu veut que tu sois ! Si la Gloire de l’homme est de voir Dieu, la gloire de Dieu, c’est l’Homme debout, équipé pour la vision, peu importe le nombre de chutes.

France, sois la nation passionnée et amoureuse telle que Dieu t’a créée, ressuscite à ton identité, à ta vocation ! La culture du Royaume prévaudra. Ne succombe pas à la facilité de t’installer dans l’engourdissement spirituel ! Quitte le grabat, signe de la paralysie, de l’impuissance, de la dépendance, et accepte de vivre debout, restaurée dans ta dignité.

L’homme guéri emporte son grabat, il renonce à se laisser porter. Son miracle n’est pas seulement de pouvoir marcher, mais d’avoir la certitude de la guérison et d’en témoigner. Il ne laisse aucune trace de son infirmité et de sa misère dans son entourage et n’a plus la tentation de se laisser assister, ou d’imposer aux autres le poids de sa misère ou de son inertie. Il n’accuse plus les autres de son malheur et n’est plus jaloux de ce qu’ils sont.

La France ne doute plus de son passé ni de son avenir. Elle peut vivre sa vocation, devenir un modèle d’accueil et de fraternité selon Dieu, envoyer des missionnaires passionnés pour annoncer Jésus comme au XIXème siècle où elle était la première nation missionnaire, et être active à défendre et répandre les valeurs de la vie.

Les souvenirs des échecs passés et l’amertume ont disparu, la critique permanente évanouie, les craintes et les regrets sont anéanties et les limites dépassées. Plus de passivité, de démission dans l’adversité ou de blessures paralysantes, de divisions destructrices et de révoltes suicidaires, la percée a été faite, le ciel est ouvert, la lumière se répand par cette parole de vie : France, lève toi et Marche vers ta destinée.