Les Héros de la Foi, ou les marcheurs de Dieu
NOE, ABRAHAM, ENOCH
Noé était un homme juste et intègre dans son temps; Noé marchait avec Dieu. Gn6, 9
Dans l’ambiance chrétienne de la lecture de la Bible qu’appelle-t-on un juste ? C’est quelqu’un qui a trouvé grâce.
Dans la lecture juive, un juste, un « tsadik » est un méritant, il agit justement, selon les normes de Dieu, il était en exactitude avec la Loi. Il faut se rendre compte que Noé ne fait pas partie du peuple élu, Abraham viendra plus tard (Rom 4:13 En effet, ce n’est pas par la loi que l’héritage du monde a été promis à Abraham ou à sa postérité, c’est par la justice de la foi).
Pourtant, il est déclaré juste ni par rapport à la loin juive, ni par rapport à la lecture chrétienne justifié par la Grâce, Dieu l’a élevé à ce rang car il mettait sa volonté au service du bien qu’il connaissait.
Noé et Abraham sont caractérisés par des termes voisins mais néanmoins repris de manière distincte. Noé est avec Dieu, là où Dieu se trouve.
En revanche, à Abraham il est prescrit : Marche devant moi. Noé est un juste qui ne fait pas le mal, mais c’est un juste qui, entendant annoncer une telle sanction, la destruction de l’humanité entière, est capable de ne pas intercéder. Comme le dit le Midrach, il ne pleure pas. Alors que, entendant le même jugement, la même sanction annoncée contre Sodome et Gomorrhe dont la Thora nous dit qu’ils étaient les plus grands méchants (rechaim), Abraham plaide, discute pied à pied avec Dieu lui-même pour essayer de les sauver. Voilà l’une des différences entre Noé et Abraham.
Il a été sorti, séparé de sa génération pervertie. Pierre l’appelle le prédicateur de la Justice 2Pierre2,5
Hb 11:7 C’est par la foi que Noé, divinement averti des choses qu’on ne voyait pas encore, et saisi d’une crainte respectueuse, construisit une arche pour sauver sa famille; c’est par elle qu’il condamna le monde, et devint héritier de la justice qui s’obtient par la foi.
C’est la Foi qui a fait agir Noé. Dieu lui avait parlé d’évènements futurs que rien ne laissait prévoir. Noé a pris son avertissement au sérieux et il s’est mis à construire l’arche dans laquelle toute sa famille a été sauvée. Sa foi a rendu manifeste l’incrédulité de son entourage. Il a été ainsi obtenu d’être déclaré juste devant Dieu à cause de sa foi.
C’est à cause de sa Foi que Noé a été séparé de la violence qui régnait et qui condamna le monde.
C’est à cause d’elle qu’il devient prophétique par sa vie pure, par sa patience ( Il met 120 ans à bâtir l’arche, il entre dans l’arche et Dieu ne ferme lui-même la porte qu’au bout de 7 jours !), par sa prédication. C’est la Foi qui le fit devenir juste, seul contre tous.
C’est par la foi qu’il a obéi avec détermination, sans faillir jusqu’à l’âge de 950 ans « Noé exécuta tout ce que l’Eternel lui avait ordonné » Gn 7:5
À Abraham, Dieu avait dit : « Marche devant ma face, et sois parfait » (Gen. 17:1) ; et plus tard, le patriarche peut dire en vérité : « L’Éternel, devant qui je marche, enverra son ange… » (Gen. 24:40).
Abraham a obéi. Par la foi il a marché vers une terre que seul Dieu connaissait. Il n’avait aucun doute sur le fait que Dieu lui avait parlé. Dieu a dit « Va » et Abraham est allé. Abraham n’a fait que marcher durant toute sa vie. Gn 12, il n’a rien construit, et il fut béni en toutes choses. Il a également été sorti de sa famille, de son pays d’origine.
C’est par la Foi qu’il obéit (comme Noé) [Gen 26:5 parce qu’Abraham a obéi à ma voix, et qu’il a observé mes ordres, mes commandements, mes statuts et mes lois] et sans avoir obtenu les choses promises, il les a vues et salués de loin (Heb 11,13) reconnaissant qu’il n’est qu’un voyageur sur cette terre et errant en quête d’une patrie céleste. Abraham est prophète, la préfiguration du sacrifice d’Isaac est prophétique du sacrifice de Jésus. Dieu lui annonce les choses à venir car Dieu ne cache rien à ses prophètes.
Hénoc est un exemple remarquable ; récit bref, mais d’une grande valeur. Lui aussi vivait au milieu d’un monde perverti, lui aussi fut séparé de sa génération.
Hénoc, après la naissance de Metuschélah, marcha avec Dieu trois cents ans; et il engendra des fils et des filles. Tous les jours d’Hénoc furent de trois cent soixante-cinq ans.24 Hénoc marcha avec Dieu; puis il ne fut plus, parce que Dieu le prit. Gn 5 22,23
Savons-nous ce que c’est que de marcher avec Dieu un seul jour ? Le principe d’une marche comme celle d’Hénoc, c’est encore la foi. Elle se traduit par la dépendance, la piété, la séparation du mal, la sainteté. La foi est à la base de notre Salut aussi bien que de notre conduite.
Mais Énoch fit plus que marcher ; il marcha avec Dieu. «Marcher avec Dieu», c’est tout autre chose que «Dieu marchant avec nous».
Le premier est le fruit de la foi et de la fidélité, le second, celui de la rédemption.
Dieu marchant avec nous : C’est Dieu qui vient nous racheter, nous sauver, nous guérir et nous délivrer. Dés qu’Israël est racheté d’Égypte, l’Éternel marche avec lui. Dans la nuée et dans le tabernacle, Dieu s’associe aux marches du peuple qui a trouvé grâce devant ses yeux et qu’il a rendu propre pour sa présence. Dés que le monde est racheté par la croix, le Seigneur se met à marcher avec les disciples d’Emmaüs (Luc 24:15) alors que leur marche les éloignait de Jérusalem.
Marcher avec Dieu : Pour marcher avec quelqu’un, il faut que nous soyons ensemble, debout ! Énoch, bien que sur la terre, marchait en compagnie de Dieu, Il vivait d’une vie céleste, en dehors de tous les principes qui constituent la marche des hommes.
«Deux hommes peuvent-ils marcher ensemble s’ils ne sont pas d’accord ?» (Amos 3:3). il y a entre nous et Dieu accord de pensées, de conduite et de but, quand nous marchons avec lui chaque jour dans son intimité. Il y a communion : elle est inséparable de la marche avec Dieu.
Dans Jude
14 C’est aussi pour eux qu’Enoch, le septième depuis Adam, a prophétisé en ces termes: Voici, le Seigneur est venu avec ses saintes myriades, pour exercer un jugement contre tous, et pour faire rendre compte à tous les impies parmi eux de tous les actes d’impiété qu’ils ont commis et de toutes les paroles injurieuses qu’ont proférées contre lui des pécheurs impies.
La relation avec Dieu permet de connaître ses pensées. Son nom signifie « instruit ». Dieu l’a enseigné, lui a donné une vision de l’avenir, de ce moment où le Seigneur viendra au milieu de ses saintes myriades (Jude 14, 15). Et cette révélation l’a maintenu séparé au milieu de ceux qui allaient connaître le jugement.
Énoch a rendu témoignage. Sa vie entière était déjà un témoignage au milieu du monde, mais avant d’être enlevé, il rend un témoignage public. Énoch, ami de Dieu comme Abraham, devint le dépositaire des pensées cachées de l’Éternel. Il devient messager de ce qu’il lui est confié. Il est le premier des prophètes, avant Samuel.
Or Énoch aussi, le septième depuis Adam, a prophétisé de ceux-ci, en disant…» (Jude 14). «Ceux-ci», qui sont-ils ? Les chrétiens qui ont renié Dieu. «Ceux-ci», dit Jude, «sont des taches dans vos agapes, faisant des festins avec vous sans crainte» (v. 12). «Ceux-ci, ils sont des murmurateurs» (v. 16). «Mais vous, bien-aimés, souvenez-vous des paroles qui ont été dites auparavant par les apôtres de notre Seigneur Jésus Christ, comment ils vous disaient que, à la fin du temps, il y aurait des moqueurs, marchant selon leurs propres convoitises d’impiétés ; ceux-ci sont ceux qui se séparent eux-mêmes» (v. 17-19).
Énoch dépasse la révélation faite à tous les prophètes d’Israël : Il annonce un jugement général sur tous, mais il distingue au milieu d’eux les plus coupables, ceux qui ont abandonné leurs relations avec Dieu.
Et, comme Élie, le ciel réclame Enoch, il est du type de ceux qui seront enlevés sans passer par la mort, à la venue de Christ.
Heb 11, 5-6 : C’est par la foi qu’Enoch fut enlevé pour qu’il ne vît point la mort, et qu’il ne parut plus parce que Dieu l’avait enlevé; car, avant son enlèvement, il avait reçu le témoignage qu’il était agréable à Dieu.Or sans la foi il est impossible de lui être agréable; car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent.
Pas de détail sur la marche d’Hénoc ni sur son enlèvement. Mais il est dit qu’avant d’être enlevé, il a « plu à Dieu » (Héb. 11:5) .Les deux termes sont inséparables : «Pour marcher d’une manière digne du Seigneur pour lui plaire à tous égards» (Col 1:10).
En marchant sur les traces de Jésus on ne peut que plaire à Dieu. Nous sommes déjà rendus agréables par son sacrifice mais Dieu peut nous rendre témoignage que nous lui sommes agréables, lorsque nous suivons le sentier tracé par Christ. Dieu dit : «En lui, j’ai mis tout mon plaisir» ; il peut aussi le mettre en nous.
«Sans la foi, il est impossible de lui plaire». Par la foi, Énoch plut à Dieu : «avant son enlèvement, il a reçu le témoignage d’avoir plu à Dieu». Ce n’est pas son enlèvement le témoignage. Le témoignage d’avoir plu à Dieu, c’est la rémunération, c’est la réalisation d’une promesse, c’est la bénédiction.
Sa marche avait ce but. Sa vie a été une vie céleste, elle a apporté le ciel sur la terre, elle s’est poursuivie de la même façon. Il n’y a pas eu de rupture, car il n’y avait pas deux parts dans son existence : quand on marche avec le Seigneur et quand on marche dans ses propres voies.
Puissions nous marcher comme Enoch, atteindre le but et remporter la couronne.
1 Rois 3,6 Salomon répondit: Tu as traité avec une grande bienveillance ton serviteur David, mon père, parce qu’il marchait en ta présence dans la fidélité, dans la justice, et dans la droiture de coeur envers toi; tu lui as conservé cette grande bienveillance, et tu lui as donné un fils qui est assis sur son trône, comme on le voit aujourd’hui.
Quand nous marchons vers Lui, les yeux fixés sur Lui, il est si merveilleux que bientôt, nous courrons, et nous nous embrasons de passion pour Lui. Plus vite, nous courrons, plus l’intensité du feu augmente, brulant toutes les impuretés et toute la paille. Une transformation s’effectue, nous crions plus de feu, nous commençons à voir ses yeux de feu, ses bras ardents, sa couronne d’or, son trône étincelant, car nous devanons de l’or purifié, précieux, saint, comblé en Lui. Notre vie est désormais perdue en Lui. Notre cœur et notre volonté sont à Lui. Il se tient devant son épouse enflammée, il est pure lumière, pureté intégrale, feu dévorant.
