Historique

Débuts en Europe

C’est en 1987, en Angleterre, le désir de réaffirmer publiquement la foi chrétienne dans une société perçue comme en voie de déchristianisation qui a été à l’origine de la première Marche pour Jésus qui rassembla 15 000 personnes : un défilé dans les rues de Londres accompagné de prières pour les principales institutions publiques de la ville, sous la banderole « The City March : Prayer and Praise for London » (Marche pour la ville : Prière et Louange pour Londres). À l’initiative du mouvement, on trouve trois acteurs principaux : le responsable de Jeunesse en Mission (Youth With a Mission) à Londres Lynn Green, les réseaux Pioneer et Ichtus Christian Fellowship, proches du mouvement des églises de maison[1]. Parallèlement en France, dans le cadre de rencontres inter-églises, une marche de prière a lieu dans les rues de Belleville à Paris puis est suivie en 1988 par une marche sur la place du Trocadéro. En 1989, les Trois jours de Beaubourg (mission d’évangélisation organisée par une association) furent suivis par une Marche accompagnée de chant.

Or, cette même année, Agapé (Campus pour Christ) et Jeunesse en Mission, avec le soutien de l’Alliance évangélique française, organisent une nuit de prière le 24 juin. Ce rassemblement voit près de mille chrétiens réunis pour prier toute une nuit pour la France, alors que le pays célébre le bicentenaire de la Révolution. Depuis, de nombreuses nuits de prière sont organisées dans la capitale.

Avec le désir de répéter l’année suivante un tel rassemblement pour la prière, les personnes qui avaient organisé, d’une part la marche dans le centre de Paris, et d’autre part, la nuit de prière, prennent la décision de n’avoir en 1990 qu’un événement qui serait une « Marche de Prière », le 10 juin. Cette Marche fut suivie par près de 1 300 personnes selon la police et eut pour thème « Jésus, Roi des rois ». En 1991, l’association « Marche pour Jésus » est créée à Paris, Londres, et au Brésil, avec l’objectif de marcher chaque année pendant 10 ans, soit jusqu’en l’an 2000.

Depuis, le nombre de Marches n’a cessé de croître.

Selon le sociologue Yannick Fer, les Marches pour Jésus s’inscrivent dans une tendance plus large inspirée par la « troisième vague » pentecôtiste qui vise une « re-sémantisation » et une réappropriation symbolique du territoire urbain[2]. Les théoriciens de la « troisième vague », tels que C. Peter Wagner, George Otis Jr ou John Dawson (président international de Jeunesse en Mission et auteur en 1989 d’un livre intitulé Conquérir nos villes pour Dieu), développent en effet les thématiques de « cartographie spirituelle » (Spiritual Mapping, identification d’esprits tutélaires des lieux) et du « combat spirituel » (Spiritual Warfare) pour la « libération » des territoires urbains.

Expansion du mouvement entre 1990 et 2000

Le 23 mai 1992, plus de 300 000 chrétiens ont marché en Europe à travers 30 pays et 45 grandes villes, avec la participation de 50 000 personnes à Londres, 70 000 à Berlin, 10 000 à Copenhague, 2 700 à Paris. 150 grandes villes des États-Unis se sont associées aux Européens, totalisant 120 000 marcheurs.

Le 12 juin 1993, près de 1 500 000 chrétiens participent aux différentes marches, soit 840 marches dans 40 pays. Quatre mille personnes marchent dans 8 grandes villes en France.

Le 25 juin 1994, la première Marche mondiale a lieu sur le thème « Une journée pour changer le monde », rassemblant 20 millions de personnes, le même jour dans les grandes capitales. L’ensemble des fuseaux horaires de la planète est couvert, ce qui représente le plus grand mouvement humain jamais réalisé. Elle est couplée à la Journée mondiale de prière. Pendant 24 heures, 160 000 000 de chrétiens de toutes dénominations seront unis dans la prière.

Le 25 mai 1996, sur le thème « Ensemble pour gagner le monde », 2 000 leaders chinois rejoignent la Marche de Hong-Kong, 10 000 chrétiens en Indonésie, 10 villes en Russie, 750 000 aux Philippines, 100 000 en Inde, 200 000 en Australie, 3 000 000 au Brésil, 1 000 000 au Zaïre, 100 000 au Ghana, 200 000 au Costa Rica, 800 000 aux États-Unis, 200 000 au Canada, 150 000 en Argentine, 10 000 au Pays-Bas, …

Le 30 mai 1998, une Marche pour Jésus est organisée dans 130 pays, 700 villes aux États-Unis, 10 000 marcheurs à Moscou… Elle reçoit le soutien de très nombreuses personnalités politiques dont celui de la Reine Élisabeth II du Royaume-Uni.

En 1999, on verra 100 000 personnes marcher à Rio de Janeiro, 30 000 à Londres, 50 000 à Berlin.

En 2000, 7 Marches et 20 000 participants au Japon, 104 Marches et 400 000 aux Philippines, 75 000 participants en Nouvelle-Zélande, 5 Marches au Royaume-Uni, 20 000 participants en Finlande, 10 000 000 de chrétiens comptabilisés dans le monde entier marchent ensemble le même jour sur le thème « L’Enfant du millénaire ». Un lien téléphonique est mis en place avec les Marches partout dans le monde.

Depuis 2001

Puis en 2001, le comité international de Surrey est dissous. À Paris, un petit groupe continue de se réunir, la Marche se poursuit avec quelques églises charismatiques. Fin 2003, un nouveau conseil d’administration prend de nouvelles orientations. L’association s’ancre dans le mouvement évangélique et devient un organe de ralliement de la diversité des églises évangéliques. De six églises en 2003, le nombre d’églises partenaires est passé à douze en 2004, quarante en 2005, soixante-six églises en 2006 et soixante quinze églises en 2007. D’autres villes, à partir de 2005, telles Bordeaux (700 personnes) ou Strasbourg (850 personnes) organisent une marche locale, de même que Lille en 2008 et Nantes en 2009.

Tandis que l’organisation s’implante à l’étranger : Jérusalem en 2006, Abidjan en 2007, Kinshasa en 2008,, Lakota, Grand Bassam, Kikwitt, Kisangani et Lubumbashi en 2009, Brazzaville, Bangui, Tananarive en 2010, pour promouvoir cette vision d’unité des églises dans les pays en recherche de réconciliation. La Marche Pour Jésus, par son coté fédérateur, initie ou co-organise d’autres rassemblements de masse dont le but est l’évangélisation, tel la venue du Docteur TL OSBORN en 2006 à Paris.
Dans d’autres pays, quelques villes (Richmond aux États-Unis, Moscou en Russie, Lubango en Angola, plusieurs villes au Venezuela…) ont poursuivi l’entreprise une ou plusieurs fois. L’événement se poursuit également au Brésil, annuellement cette fois.

A PARIS

24 juin 1989 : Beaubourg 800 personnes
10 juin 1990 : N Dame / Jardin des Tuileries 1 300 personnes
9 juin 1991 : Notre Dame / Pyramide du Louvre 2 500 personnes
23 mai 1992 : Palais de Chaillot / Tour Eiffel 2 800 personnes
12 juin 1993 : 3 marches vers la Place Ste Eustache 2 000 personnes
25 juin 1994 : Place de la Bastille / Porte Maillot 2 000 personnes
27 mai 1995 : Beaubourg 1 500 personnes
25 mai 1996 Cours de Vincennes / Notre Dame 1 500 personnes
1 mai 1997 : Zoo de Vincennes / Bercy 2 000 personnes
31 mai 1998 : Ecole militaire / Panthéon 2 500 personnes
22 mai 1999 : Place d’Italie / Panthéon 2 000 personnes
10 juin 2000 : Cours de Vincennes / Bastille 2 500 personnes
9 juin 2001 : Place Stalingrad / Place de la République 2 000 personnes
1 juin 2002 : Porte la Chapelle/place de la République 1 300 personnes
14 juin 2003 : Ecole militaire / Montparnasse 900 per. (6 églises)
5 juin 2004 : Porte de Champerret / Place des Ternes 3 000 per. (12 églises)
21 mai 2005 : République / Nation 10 000 per. (40 églises)
20 mai 2006 : Porte de Clignancourt / République 20 000 per. (60 églises)
2 juin 2007 : Porte de Vincennes / BASTILLE 27 000 per. (75 églises)
24 mai 2008 : Place de la République / NATION 25 000 per.
27 juin 2009 : DENFERT-ROCHEREAU / INVALIDES

Au Brésil, à Sao Paulo
en 2005 : 2 000 000 personnes
en 2006 : 3 000 000 personnes.

En RDC , à Kinshasa
en 2009 : 20 000 personnes

Ce phénomène représente un bon indicateur de la progression de la Foi évangélique et rend visible cette mouvance. En 2010, des Marches sont programmées le 5 juin à Paris, Nantes et Bordeaux, le 8 mai à LILLE., à KINSHASA, le 19 juin, à Tananarive le 28 août, à BRAZZA le 11 sept., à JERUSALEM le 7 octobre, à ABIDJAN le 13 nov. et à BANGUI le 1er novembre.